La Liberté

26.11.2020

Affaire Théo: trois policiers renvoyés devant une cour d'assises

En 2017, l'affaire Théo avait provoqué des manifestations contre les violences policières, ici à Paris (archives). © KEYSTONE/EPA/ETIENNE LAURENT
En 2017, l'affaire Théo avait provoqué des manifestations contre les violences policières, ici à Paris (archives). © KEYSTONE/EPA/ETIENNE LAURENT
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26.11.2020

Fait rare: les trois policiers impliqués dans l'interpellation violente de Théo, un jeune homme noir grièvement blessé lors d'un contrôle en 2017, seront jugés pour "violences volontaires", a annoncé à l'AFP le parquet de Bobigny, en banlieue parisienne.

La juge d'instruction en charge de l'enquête sur l'agression de ce jeune homme d'Aulnay-sous-Bois a rendu mercredi l'ordonnance qui renvoie devant les assises le principal accusé pour violences volontaires ayant entraîné une mutilation ou une infirmité permanente. Les trois fonctionnaires seront jugés pour violences volontaires avec circonstances aggravantes.

La juge a en revanche abandonné les poursuites pour viol, comme le préconisait le parquet, qui estimait dans son réquisitoire rendu en octobre que "les éléments constitutifs du crime de viol n'étaient pas réunis". Un non-lieu a par ailleurs été ordonné concernant un quatrième policier, qui avait été témoin de la scène.

Théo, 22 ans à l'époque, avait été grièvement blessé par un coup de matraque dans la zone rectale. C'est parce qu'il est désormais handicapé à vie que les policiers seront jugés par une cour d'assises, juridiction pénale compétente pour juger les crimes.

Retentissement national

Le 2 février 2017, peu avant 17h00, Théo avait été interpellé dans la cité des 3000 à Aulnay-sous-Bois, en banlieue parisienne, une scène filmée par des caméras de vidéosurveillance. Alors que des policiers tentent de l'immobiliser, le jeune homme se débat puis s'effondre. Il est ensuite emmené à quelques mètres, hors du champ de la caméra.

Cinq jours après les faits et leur retentissement national, Théo avait reçu la visite à l'hôpital de François Hollande, alors président de la République. Sur son lit d'hôpital, le jeune homme avait lancé un appel au calme, après des tensions lors de rassemblements de soutien.

Sanctions administratives

En parallèle, la Défenseure des Droits Claire Hédon a publié mardi un rapport sur cette interpellation, dans lequel elle réclame des sanctions administratives à l'encontre des quatre agents. La Défenseure des Droits est une autorité administrative indépendante chargée de défendre les droits des citoyens en France.

Le rapport pointe "plusieurs gestes (...) disproportionnés" et rappelle que le jeune homme a été arrêté "sans que le motif d'interpellation ait pu être clairement établi".

Le débat sur les violences policières est récurrent en France. Il est de nouveau relancé ces derniers jours après la brutale évacuation d'un camp de migrants lundi dans le centre de Paris, et la suspension de trois policiers jeudi après le passage à tabac d'un producteur de musique noir, filmé et diffusé sur les réseaux sociaux.

ats, afp

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