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Des oeuvres de Giacometti nées de son amitié avec André Breton

"L'Homme qui chavire", de l'artiste grison Alberto Giacometti. © KEYSTONE/EPA/FACUNDO ARRIZABALAGA
"L'Homme qui chavire", de l'artiste grison Alberto Giacometti. © KEYSTONE/EPA/FACUNDO ARRIZABALAGA


Publié le 19.01.2022
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Des oeuvres surréalistes d'Alberto Giacometti, inspirées de son amitié avec les artistes de ce mouvement, et plus particulièrement le poète André Breton, sont exposées depuis mercredi à l'institut Giacometti à Paris. L'exposition durera jusqu'en avril.

Trois sculptures très différentes de "L'homme qui marche", très connu, sont au coeur de cette exposition, qui met en lumière les liens étroits qu'entretenaient les deux artistes et leurs influences réciproques au travers de leur correspondance et de carnets à dessin de Giacometti.

Une dizaine de tableaux (Miro, Arp, Dali, Ernst...), provenant de musées français et étrangers et de collections privées, sont exposés en miroir, ainsi qu'une série de photographies mettant en avant plusieurs artistes femmes de l'époque: Dora Maar, Leonora Carrington et Meret Oppenheim. Cette dernière a notamment réalisé "L'oreille de Giacometti", étonnante petite sculpture en bronze de 10 cm de haut, présentée à l'exposition.

Boule suspendue

Au coeur de cet univers trône la "Boule suspendue" (métal et plâtre), une cage à l'intérieur de laquelle une sphère suspendue semble pouvoir glisser sur l'arête d'un croissant, acquise en 1930 par André Breton, chef de file du groupe surréaliste.

A ses côtés: le "Cube", polyèdre irrégulier à douze faces, lié à la mort et à la mélancolie, réalisé par Giacometti au décès de son père, et "L'Objet invisible", une femme semi-assise tenant dans ses mains un objet invisible, inspirée par un demi-masque en tôle découvert par les deux amis au marché aux puces en 1934.

Partageant le goût des surréalistes pour l'automatisme, l'irrationnel, l'onirisme ou le jeu de l'amour cruel, Giacommetti intègrera le groupe pendant cinq ans (1930-1935) avant de s'en éloigner, en raison de divergences de vue politiques et esthétiques, nouant des relations d'amitié fortes qu'il conservera néanmoins avec plusieurs artistes, notamment Breton.

Dans son cercle, Giacometti participe aux enquêtes sur la "connaissance irrationnelle de l'objet" et collabore à des recueils et revues du mouvement, publiant illustrations, poèmes et récits de rêves. Ses oeuvres seront photographiées par Man Ray, Dora Maar, Brassaï ou André Boiffard, qui réalisent aussi les premiers portraits photographiques de l'artiste.

Les oeuvres présentées sont issues pour partie de la Fondation Giacometti, forte de 10'000 pièces données par la veuve de l'artiste après sa mort en 1966. Elle a ouvert en juin 2018 un institut dans un hôtel particulier de style Art déco, ancien atelier du décorateur Paul Follot à Denfert, restauré par les architectes Pascal Grasso et Pierre-Antoine Gatier.

Giacometti, peintre et sculpteur majeur de l'art moderne, né à Borgonovo dans les Grisons, avait établi son atelier historique dans ce quartier autour de Montparnasse, lieu d'effervescence artistique au siècle dernier. L'institut abrite une reconstitution presque grandeur nature de cet atelier.

ats, afp

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