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Essence et électricité bien accordées

Les véhicules hybrides rechargeables (ici le Peugeot 3008 Hybrid4) permettent une souplesse d’utilisation; ils roulent en mode zéro émission sur plusieurs dizaines de kilomètres et en mode hybride si le trajet se prolonge. © ldd
Les véhicules hybrides rechargeables (ici le Peugeot 3008 Hybrid4) permettent une souplesse d’utilisation; ils roulent en mode zéro émission sur plusieurs dizaines de kilomètres et en mode hybride si le trajet se prolonge. © ldd
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06.01.2021

Les hybrides rechargeables jouent un rôle important dans l’électrification des transports individuels

Denis Robert

Transition énergétique » Les voitures hybrides rechargeables parcourent en réalité autant de kilomètres en mode électrique que les véhicules exclusivement à batterie. C’est la principale conclusion d’une étude réalisée à Göteborg, en Suède. Ahmet Mandev, doctorant au Department of space, earth and environmental science de l’Université de technologie Chalmers, a comparé les habitudes de mobilité de 71 ménages californiens disposant de deux véhicules, à savoir une voiture thermique traditionnelle et une hybride rechargeable (PHEV = Plug-in Hybrid Electric Vehicle) dans un cas de figure, une voiture thermique traditionnelle et un véhicule 100% électrique (BEV = Battery Electric Vehicle) dans l’autre.

Les PHEV bien profilés

Et la conclusion est intéressante. Les ménages utilisant une voiture électrique à batterie en plus de leur véhicule conventionnel ont parcouru 45% de leur kilométrage total à l’électricité. Et dans le groupe où la seconde voiture du ménage était une hybride rechargeable, le taux de roulage en mode électrique s’est élevé à 46%. La voiture électrique et l’hybride rechargeable se retrouvent donc pratiquement à égalité, alors même que l’autonomie électrique moyenne de la première est largement supérieure à celle de la seconde.

La raison pour laquelle l’hybride rechargeable fait au moins jeu égal avec la voiture 100% électrique réside dans le fait qu’elle est utilisée plus souvent pour de longs trajets, dont une partie au moins est parcourue en mode électrique. L’étude montre également que les PHEV sont utilisés plus fréquemment en même temps que la voiture conventionnelle, par un autre membre de la famille.

Les conclusions de cette étude suédoise tordent le cou à celles de l’Association transports et environnement, qui souligne le bilan prétendument médiocre des PHEV: «Les nouveaux modèles hybrides rechargeables sont pour la plupart des SUV et présentent très souvent un mauvais résultat environnemental en raison de leur consommation élevée, du bruit important ou de leur grande batterie», peut-on lire dans la dernière mise à jour de l’Ecomobiliste. L’ATE souligne aussi le fait que «les émissions de CO2 des hybrides rechargeables en conditions réelles dépassent largement les valeurs d’homologation». Ce dernier point est exact, mais les émissions des PHEV dépendent avant tout du ratio d’utilisation entre le mode électrique et le mode hybride (lire ci-contre).

L’étude de l’Université Chalmers démontre d’ailleurs que l’élément déterminant, ce ne sont pas les valeurs d’émissions, mais le taux de roulage en mode électrique. De plus, dans les ménages possédant une voiture thermique classique et un BEV, les kilométrages non électriques sont parcourus exclusivement par le véhicule à essence. Alors que dans les ménages où le BEV est remplacé par un PHEV, une partie du kilométrage non électrique est réalisée en mode hybride, c’est-à-dire avec une consommation d’essence et des émissions de CO2 réduite.

Recharger la nuit

Après avoir traité les données provenant de quatre millions de jours d’utilisation d’une Chevrolet Volt pendant une période de dix ans, Ahmet Mandev, dont la thèse est supervisée par le professeur agrégé Frances Sprei, a également mis en évidence l’importance de la recharge pour bien exploiter le potentiel électrique et réduire la consommation d’essence et les émissions de CO2 d’une voiture hybride rechargeable. Sa première conclusion – pas vraiment surprenante – est que la recharge nocturne complète de la batterie permet d’obtenir les effets les plus positifs. Mais un changement de comportement apparemment anodin peut avoir un impact considérable: «Le simple fait d’omettre de recharger la batterie une nuit sur dix a entraîné un triplement de la consommation d’essence (de 0,7 à 2,5 l/100 km) et des émissions de CO2 (de 1,7 à 5,7 kg/km)», relève l’auteur de l’étude, qui ajoute: «Les recharges additionnelles pendant la journée ont aussi des effets positifs, mais la meilleure option est de recharger à fond pendant la nuit.»


Les hybrides rechargeables sont-elles gourmandes?

La consommation d’essence d’un véhicule hybride rechargeable (PHEV) dépend dans une très large mesure de sa fréquence d’utilisation en mode électrique. L’autonomie électrique d’un tel véhicule est généralement comprise entre 40 et 55 km, distance au-delà de laquelle le moteur thermique prend le relais. Donc si l’utilisateur recharge systématiquement sa batterie avant qu’elle ne soit totalement vide, il ne consommera pas de carburant du tout. A l’inverse, le véhicule fonctionnera en mode hybride si la batterie n’est jamais rechargée sur le réseau, ce qui signifie qu’il sera de toute façon plus économique qu’un véhicule essence traditionnel. Il faut certes prendre en compte le supplément de poids dû à la batterie, mais celui-ci correspond tout au plus à la présence d’un passager supplémentaire à bord de la voiture. Quel que soit le ratio d’utilisation de l’électricité, les PHEV sont donc des véhicules économes en carburant et parcimonieux en émissions de CO2. Leur principal avantage réside dans la souplesse d’utilisation. DR

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