La Liberté

De l’humour sans pareil

María Chacón et Audrey Varone ont créé un espace d’expérimentation pour des soirées d’humour à la fois responsables et respectueuses

María Chacón (à gauche) et Audrey Varone lors du premier événement de Soirées sans pareil. © Indra Crittin
María Chacón (à gauche) et Audrey Varone lors du premier événement de Soirées sans pareil. © Indra Crittin

Elsa Rohrbasser

Publié le 06.05.2023

Temps de lecture estimé : 3 minutes

Scènes » María Chacón et Audrey Varone, respectivement 24 et 25 ans, ont récemment créé les Soirées sans pareil, un espace d’expérimentation et de bienveillance pour des spectacles d’humour. La création de ce label d’humour, dont les soirées se déroulent en Suisse romande, est venue d’un constat simple: «On a été régulièrement confrontées à des blagues discriminantes quand on allait voir des scènes d’humour. On sortait du spectacle en se disant «mince, encore une blague homophobe, grossophobe», explique María Chacón, graphiste. «On a voulu créer notre propre label, en accord avec nos valeurs, et qui met en avant des artistes proposant de l’humour sans discrimination», ajoute Audrey Varone, étudiante en anthropologie et collaboratrice scientifique pour les questions d’égalité en entreprise.

Les deux Fribourgeoises sont très attentives à la sélection des artistes qui se produisent lors de leurs soirées. Pour s’assurer que ceux-ci respectent les critères attendus, elles ont instauré une charte: «Elle explique aux artistes qu’ils sont là pour faire rire tout le monde, sans taper sur ceux dont on rit tout le temps», confie María Chacón. La première soirée, qui était exclusivement féminine et organisée dans le cadre d’un événement féministe de l’association Tea Room, a été une réussite. Toutefois, le binôme souhaite que ses soirées soient diversifiées et accueillent aussi bien des femmes que des hommes, sur scène comme dans le public: «Notre but reste de proposer des soirées où l’on peut se divertir sans être confronté à des propos discriminatoires. On ne demande pas que les sketchs soient particulièrement militants, mais juste que l’on n’utilise pas un humour dominant pour faire rire», explique Audrey Varone. Pour garantir un environnement sûr pour les participants à leurs soirées, les deux amies travaillent avec des lieux qu’elles estiment bienveillants et engagés contre le harcèlement.

 

Peut-on rire de tout?

«Nos soirées prouvent qu’on peut rire, passer un super moment, sans faire des blagues discriminantes. On n’est pas dans une optique pédagogique, mais autant pour le public que pour les artistes, expérimenter dans un environnement où on n’applaudit pas quand on tape sur les minorités sociales, c’est plus sain», confie María Chacón. Les détracteurs diraient que l’on devrait pouvoir rire de tout, et de tout le monde. Les deux jeunes femmes ont une réponse toute trouvée: «Je trouve que quand on est dans le rôle du dominant, effectivement, c’est facile de rire de tout. Sinon, les blagues deviennent vite des agressions», explique la jeune graphiste. «Et puis, «rire de tout», c’est toujours rire de la même chose en fait. Avec les Soirées sans pareil, on propose quelque chose de nouveau», conclut le binôme.

Prochaine Soirée sans pareil le 12 mai à Sion. Instagram: @soireesanspareil

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