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Vive le «Gross Freiburg»…

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03.03.2021

Ces élections, dans notre chef-lieu et dans les anciennes terres, sont prétextes à sujets futiles comme la fusion par absorption de la ceinture dorée de la ville. Le bilinguisme y met son grain de sel, rappelant que l’ogre bernois n’est pas loin. L’enjeu est kolossal: créer un Gross Freiburg entre Berne et les péquenots du sud.

Ce débat est bien loin de la brousse, me direz-vous; mais les anciens sujets devraient se souvenir que l’expansionnisme des bourgeois et nobles de la ville des Zaehringen a soumis, toujours avec l’aide des Bernois, tous les districts du sud, hélas abandonnés par les bons Savoyards.

Les Broyards, gens cultivés, n’ont pas du tout aimé le sac d’Estavayer. La Gruyère du comte Michel, elle, s’est soumise aux créanciers. Ne dit-on pas que l’ours de Berne a mangé la grue dans le chaudron de Fribourg? La Glâne, pas encore sous la férule de Jean-Claude de Romont, et la Veveyse, toute à la Fête des vignerons, n’ont pas fait le poids face aux nobles poudrés et argentés de la ville.

La fusion que des politiciens de la ville appellent de leurs vœux pose questions. Veut-on rééditer les coups du passé? Recréer les anciennes terres en y tondant les moutons pour confectionner des pulls aux bobos? L’élite veut-elle aussi, par la même occasion, tondre les sujets alentour? Au Moyen Age, ne fallait-il pas payer une taxe pour être bourgeois de la cité?

Les habitants des villes sujettes devront-ils effectuer des corvées pour reconstruire la Blauefabrik? Quels beaux débats en vue: les historiens en ont déjà l’eau à la bouche.

Benoît Rey, La Tour-de-Trême

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