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Rush des moteurs alternatifs

Deuxième opus de la nouvelle génération de modèles électriques de Wolfsburg, la VW ID.4 est un SUV de gabarit comparable au Tiguan. Il revendique 500 kilomètres d’autonomie. Son prix débute à 39 000 francs. © ldd
Deuxième opus de la nouvelle génération de modèles électriques de Wolfsburg, la VW ID.4 est un SUV de gabarit comparable au Tiguan. Il revendique 500 kilomètres d’autonomie. Son prix débute à 39 000 francs. © ldd
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03.02.2021

La pandémie de coronavirus a fortement impacté les ventes de voitures neuves pour l’année 2020

Denis Robert

Marché automobile » Avec la pandémie, la vente de voitures neuves a logiquement subi une sérieuse perte de vitesse l’an dernier. Mais paradoxalement, les immatriculations de modèles électriques et hybrides ont littéralement décollé!

Auto-suisse a fait ses comptes: 236 828 voitures de tourisme neuves ont été vendues en Suisse et au Liechtenstein en 2020, un recul de 24% par rapport à 2019. On n’avait jamais atteint un niveau aussi bas depuis plus de quarante-cinq ans. A l’époque, c’était suite au choc pétrolier de 1973, marqué par une menace de pénurie de carburants et ces fameux dimanches sans voitures dont beaucoup d’entre nous se souviennent encore. En 2020, c’est évidemment la crise sanitaire qui en est responsable. Le semi-confinement de la première vague a entraîné la fermeture des espaces de vente, des arrêts de production et des retards de livraison qui ont plombé le marché.

Sédentarité forcée

L’instauration du télétravail, le chômage partiel et l’arrêt de pans entiers de l’activité économique ont en outre réduit nos besoins de mobilité quand le pic de l’épidémie menaçait de submerger les capacités d’accueil des hôpitaux. De nombreux ménages ont vu leurs revenus diminuer ou s’effondrer, l’achat ou le remplacement d’une voiture apparaissant alors comme un luxe que l’on pouvait se permettre de remettre à plus tard. Paradoxalement, nombre de nos concitoyens ont vu leur trésorerie s’améliorer dans la mesure où leurs revenus étaient maintenus, voire augmentés, pendant que le niveau de leurs dépenses diminuait en raison des restrictions. Mais cela n’a pas suffi à compenser la chute.

Eloge de l’électrification

Ce recul du marché global contraste cependant avec la percée des modèles dits «à propulsion alternative». On s’y attendait d’ailleurs, puisque l’année 2020 a marqué l’entrée en vigueur de la réglementation CAFE (Corporate Average Fuel Enonomy), en vertu de laquelle le plafond d’émissions de CO2 moyennes, que les constructeurs ne doivent pas dépasser sous peine de lourdes sanctions, a été abaissé à 95 g/km. Du coup, ce n’est pas un hasard si l’année 2020 a coïncidé avec le lancement de nouveaux modèles ayant recours à l’électrification sous toutes ses formes. En février 2018, auto-suisse avait tablé sur une part de marché de 10% des véhicules électriques et hybrides rechargeables à l’horizon 2020. Mais cet objectif a été largement dépassé.

Boom des rechargeables

Du coup, le nombre de voitures à propulsion alternative immatriculées en 2020 s’est élevé à 66 687 unités, ce qui représente 28,2% de l’ensemble du marché et correspond à une hausse de 63,8% par rapport à 2019. Auto-suisse nous apprend aussi que les hybrides traditionnels (22 010 immatriculations, en progression de 46,1%) et les voitures électriques à batterie (19 504 immatriculations, + 48, 2%) ont été les plus nombreux en chiffres absolus, mais qu’ils sont en passe d’être rattrapés par les hybrides rechargeables (14 429 unités, + 238,6%). Ces derniers présentent en effet l’avantage d’être crédités d’émissions de CO2 très basses, sans présenter les inconvénients de la voiture électrique à batterie en termes d’autonomie. L’association des importateurs a répertorié aussi 42 immatriculations de voitures électriques à pile à combustible (17 de plus qu’en 2019). Un score encore modeste, mais appelé à croître avec l’extension du réseau de stations-service délivrant de l’hydrogène. Le gaz naturel comprimé, en revanche, n’est plus en odeur de sainteté (562 immatriculations, – 55% par rapport à 2019).

Quelles perspectives pour 2021? «Nous nous attendons à environ 270 000 immatriculations pour le marché global», prévoit Christof Wolnik, le porte-parole d’auto-suisse. «Toutefois, cette estimation s’appuie sur l’hypothèse que les effets négatifs du Covid-19 seront bientôt atténués.» Une hypothèse fragilisée par la récente émergence de ce «variant anglais» du virus, qui rajoute une nouvelle dose d’incertitude au moment où chacun espère une sortie de crise rapide grâce aux vaccins. Quoi qu’il en soit, auto-suisse ne s’attend pas à ce que l’extension de l’offre de modèles à propulsion «alternative» se poursuive au même rythme. Constatant que de nombreux clients hésitent toujours à s’affranchir du pétrole, Christof Wolnik regrette le faible montant ou l’inexistence des subventions, de même que le développement trop lent de l’infrastructure de recharge.


Les voitures électriques sont-elles chères?

Les voitures électriques ont la réputation d’être chères. C’est souvent le cas, mais pas toujours. Certes, les Tesla Model S, Audi e-tron, Mercedes-Benz EQC ou Porsche Taycan ne sont pas à la portée de toutes les bourses. Mais elles se positionnent à un niveau de gamme où les voitures équivalentes à motorisation traditionnelle ou hybride se négocient à des niveaux de prix assez comparables. Or c’est plutôt dans le segment des citadines que l’électromobilité est vraiment pertinente. Le second véhicule d’un ménage ne doit pas forcément être spacieux ou capable de parcourir plusieurs centaines de kilomètres avec une recharge de batterie pour rendre les plus éminents services. L’offre actuellement la plus abordable est la Renault Twingo electric, disponible dès 18 900 francs en tenant compte de l’«électrobonus» alloué par le constructeur. Et d’autres modes de subventionnement peuvent améliorer encore le bilan selon les régions, par exemple sous la forme d’une réduction ou d’une exemption temporaire de la taxe cantonale. DR

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