La Liberté

Inflorescence de fiertés

Du 24 au 26 juin aura lieu la Pride de Bulle. Pour beaucoup de jeunes, c’est l’occasion de défiler avec fierté. Ils évoquent leurs motivations

Le comité d’organisation de la Pride de Bulle. © Nicolas Di Meo
Le comité d’organisation de la Pride de Bulle. © Nicolas Di Meo

Kilian Richard

Publié le 18.06.2022

Temps de lecture estimé : 3 minutes

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Société»  «La Pride est née de la commémoration des émeutes survenues à la suite de descentes de police dans le bar de Stonewall Inn (à New York, ndlr) en 1969», explique Gonzague Bochud, coordinateur de la Pride, qui se tiendra du 24 au 26 juin dans la ville de Bulle. En 1970, les militants sont descendus dans la rue afin de commémorer cet événement. «Depuis, elle est devenue l’occasion de revendiquer les droits LGBTQIA+.» En Suisse, la première Pride remonte au 24 juin 1978, à Zurich.

Pourquoi choisir Bulle pour cette «marche des fiertés»? Selon Gonzague Bochud, Bulle est la deuxième ville du canton de Fribourg et permettrait de créer un espace de rencontre afin d’engager le dialogue avec tous les publics possibles. Cette idée de lieu de rencontre fait écho au thème de la Pride bulloise, «Parlons-nous». En outre, en 2019, le comité de Sarigai, l’Association fribourgeoise pour la diversité sexuelle et de genre, a eu vent d’agressions homophobes dans des boîtes et bars de la capitale gruérienne. Ces violences ont encouragé le comité à visibiliser la communauté queer dans des villes plus rurales du canton.

Récits queers

Du côté des jeunes, Klara Bourban, 20 ans et étudiante en lettres, se représente la Pride comme un moyen de rencontres entre queers. Elle est «un moyen d’identification et de partage d’une histoire commune pour beaucoup de jeunes en quête d’identité», exprime Klara. «Cette marche permet de visibiliser la communauté et de sensibiliser un public non averti aux discriminations à l’encontre des personnes LGBTQIA+.» Raphaël Cornaz, 20 ans et lui aussi étudiant en lettres, complète: «Elle devrait encourager l’ouverture, le dialogue sur les questions queers.»

«La Pride est un moyen d’identification et de partage d’une histoire commune pour beaucoup de jeunes en quête d’identité»
Klara

«En ce qui concerne l’opinion sociale sur les enjeux queers, je vis dans une bulle de tolérance mais, parfois, j’entends des injustices subies par des proches. Ces récits font alors exploser cette bulle», déclare Klara. Selon elle, les dernières années ont conduit à la visibilisation de la communauté, notamment grâce aux séries et films: «Call me by your name, Love Simon, la récente série Heartstopper sont des modèles dans le récit d’histoires queers, par exemple. Ces récits m’ont permis de m’identifier et de me rassurer sur mon orientation sexuelle. Ils montrent une fin heureuse pour la plupart.» Pour Raphaël aussi, la société a évolué, mais il regrette que l’homosexualité semble encore être pour certains «sujette à blagues». Derrière le ton de la moquerie douce, il voit «l’homophobie sociale, relique du système patriarcal».

Reconnaissance

Pour les deux jeunes, tout n’est pas encore gagné. Klara et Raphaël ont des attentes en s’engageant dans cette édition bulloise de la Pride: ils espèrent que le public gruérien dépassera le stade de la simple tolérance pour se diriger vers l’acceptation et la curiosité envers la communauté.

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