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La Suisse rallume la flamme et bat le Portugal

Après trois défaites de rang, la Suisse a réagi pour battre le Portugal 1-0 et rallumer la flamme.

Granit Xhaka: le capitaine a prêché par l’exemple hier contre le Portugal. © Keystone
Granit Xhaka: le capitaine a prêché par l’exemple hier contre le Portugal. © Keystone

Laurent Ducret

Publié le 13.06.2022

Temps de lecture estimé : 8 minutes

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Ligue des Nations » Redouté comme pouvant être le match du zéro pointé, ce Suisse - Portugal du 12 juin à Genève fut bien la rencontre qui a rallumé la flamme de l’espoir. Elle peut désormais brûler tout l’été. Dans un stade à guichets fermés – 26 300 spectateurs – et partagé équitablement entre les supporters suisses et portugais, la sélection de Murat Yakin s’est imposée 1-0 grâce à une réussite après… 58 secondes de jeu d’Haris Seferovic.

Due à la fois aux prouesses de Jonas Omlin dans la cage et à un esprit de corps sans faille, cette victoire change tout. Dans l’immédiat, elle permet à la Suisse de revenir, après trois défaites initiales, à un point de la République tchèque, battue 2-0 à Malaga par l’Espagne, avant les deux derniers matches de septembre. Le maintien en première division de cette Ligue des Nations redevient possible.

Ce succès, le premier de l’année, apaisera surtout les esprits. Avec son 4-3-3, Murat Yakin a arrêté des choix parfois surprenants. Mais ils ont été gagnants. Le sélectionneur a pu compter sur un capitaine qui a payé de sa personne. Face à la pression adverse, Granit Xhaka a su admirablement faire face. Après cinq performances en demi-teinte en 2022 sous le maillot de la sélection, le capitaine a montré enfin qu’il était bien un grand capitaine.

Le 25e but de Seferovic

Moins d’une minute a suffi à Haris Seferovic pour rappeler qu’il avait été le héros du Suisse - France de l’an dernier à l’Euro avec son doublé de Bucarest. Le Lucernois a inscrit son 25e but en sélection de la tête sur un centre parfait de Silvan Widmer, lequel avait bénéficié d’un remarquable décalage de la part de Xherdan Shaqiri.

Avec ce but, la Suisse trouvait enfin la réussite qui avait pu lui manquer lors de ses trois premiers matches de cette phase de poules. Elle aurait été maximale si la VAR n’avait pas annulé un penalty que Shaqiri s’apprêtait à tirer à la 13e minute. Accordé pour une main de Nuno Mendes sur un centre de ce même Shaqiri, il n’avait finalement pas passé le cut de la VAR en raison d’une faute de Nico Elvedi sur André Silva au début de l’action.

Avec un avantage de deux buts, le matelas de la Suisse aurait bien été plus confortable. Encore plus après la sortie de Shaqiri à la 21e pour une douleur à la cuisse. Le Bâlois était logiquement remplacé par Noah Okafor, écarté du onze de départ en raison du retour en grâce de Seferovic.

Sans Cristiano Ronaldo ménagé, mais avec un Bruno Fernandes plutôt inspiré et un Rafael Leao intenable, le Portugal a pris l’ascendant au fil des minutes. Mais il ne devait bénéficier que d’une seule occasion avec une tête de Danilo contre laquelle Jonas Omlin s’interposait avec classe. Le gardien de Montpellier a livré la performance que Gregor Kobel n’avait pas su accomplir une semaine plus tôt à Lisbonne.

Omlin éblouissant

A la reprise, Widmer devait, lui aussi, céder sa place. On ne sait pas si Murat Yakin s’est alors mordu les doigts d’avoir relégué en tribunes deux joueurs qui occupent en club ce poste de latéral droit – Jordan Lotomba et Kevin Mbabu – pour, au final, introduire Renato Steffen dans un rôle qui n’est pas le sien.

Comme on pouvait le redouter, cette seconde période ne fut qu’une attaque-défense. Une impression renforcée avec les entrées de Diogo Jota et de Bernardo Silva peu après l’heure de jeu. Heureusement pour la Suisse, son gardien était à la hauteur de la situation. Omlin sauvait les siens à la 49e devant André Silva, à la 63e sur une frappe de Bernardo Silva, à la 72e sur une reprise de Guedes et sur une tête de Diogo Jota à la 77e. Déjà à son avantage à Wembley en mars dernier contre l’Angleterre, le gardien lucernois a démontré qu’il pouvait être, comme Yann Sommer, également l’homme des grands matches. ats

 

 


Tops et flops

Eclat offensif et prouesses défensives

Haris Seferovic » Le public du Stade de Genève s’était à peine assis après les hymnes nationaux que le joueur de Benfica a été servi dans sa position préférée, d’un centre parfait: à cinq mètres de la cage adverse. Une tête imparable et c’était 1-0 pour la Suisse après à peine plus d’une minute de jeu, le but le plus rapide de l’histoire de la Ligue des Nations. Mais son travail ne s’est pas arrêté à cette réussite, sur chaque relance helvétique, il a livré une rude bataille avec les centraux Pepe et Danilo, souvent à l’avantage du Lucernois. De la belle ouvrage.

Nico Elvedi » Il est, à l’heure actuelle, le meilleur défenseur central de l’équipe de Suisse. En place, précis, il se permet même de monter le ballon jusqu’aux 16 mètres adverses. C’est le Zurichois, encore lui, qui épaule Manuel Akanji sur ses quelques boulettes et qui sauve Ricardo Rodriguez de ses nombreux ratés. En plus de faire son boulot, il s’occupe de celui des autres.

Le Portugal » Est-ce le résultat de l’absence de Cristiano Ronaldo? Ou plutôt celui de l’excellent pressing helvétique? Reste qu’à la différence de dimanche dernier, les Portugais n’ont pas su trouver d’espaces béants derrière la défense helvétique. La construction du jeu n’est pas le fort des hommes de Fernando Santos et ils ne se sont montrés dangereux que par des prouesses individuelles. Il a fallu les entrées de Diogo Jota et, surtout, de Bernardo Silva pour donner du corps au jeu portugais dès la 62e minute. Insuffisant.

Ricardo Rodriguez » Heureusement pour lui, Jonas Omlin, Nico Elvedi ou Steven Zuber ont été là pour pallier ses trop nombreux manquements. Ce n’est pas un hasard si le Portugal a systématiquement choisi son côté pour jouer, le Zurichois était toujours en retard. PB


l’Angleterre tenue en échec par l’Italie

L’Angleterre a été tenue en échec 0-0 par l’Italie sur la pelouse de Wolverhampton lors de la troisième journée de la Ligue des Nations, dans un remake manqué de la finale de l’Euro 2020, remportée par la Nazionale l’été dernier. Ce résultat nul permet toutefois aux hommes de Roberto Mancini de conforter leur place en tête du groupe 3, alors que l’équipe aux Trois Lions, après sa défaite face à la Hongrie et son match nul contre l’Allemagne, occupe toujours la dernière place de son groupe. L’Angleterre reste à une unité derrière l’Allemagne, qui est allée faire match nul 1-1 à Budapest en Hongrie. «L’affiche» de cette troisième journée de la compétition, qui a été le théâtre de nombreuses occasions de part et d’autre sans réalisations, s’est déroulée dans un quasi-huis clos à Molineux, la Fédération de football anglaise ayant été sanctionnée par l’UEFA après les débordements constatés lors de la finale de l’Euro l’été dernier à Wembley. Environ 3000 enfants de moins de 14 ans accompagnés par un adulte ont eu tout de même le droit d’assister à la rencontre, loin des 35 000 personnes que peut accueillir le stade des Wolves. Demain, l’Allemagne affrontera l’Italie au Borussia-Park de Mönchengladbach alors que l’Angleterre recevra la Hongrie, de nouveau à Wolverhampton.

ats

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